9 août 2018 : Des végétations typiquement fluviales au rendez-vous

9 août 2018

2 - Après travaux

Le site des casiers de l'île des Graviers, vue du Sud, le 3/082018

Le site des casiers de l’île des Graviers, vue du Sud, le 3/082018

Les épisodes hydrologiques du premier semestre se sont prolongés jusqu’en juin : une période de hautes eaux, où le débit dans le vieux Rhône a oscillé entre 400 et 1000 m3/s, intervient entre le 18 mai et le 21 juin. De  ce fait le développement de la végétation a été retardé sur toutes les parties les plus basses. Le suivi de la végétation terrestre du site, normalement programmé sur le mois de juillet a ainsi été reporté au mois d’août. Il est maintenant achevé et un premier bilan peut être tiré.

A l’échelle globale du site des casiers, les cinq espèces végétales dominantes sont les mêmes en 2017 et 2018, mais le rang de chacune d’elle se modifie : la renouée de bohême, passe ainsi du premier au second rang, alors que l’aster à feuille de saule qui n’était qu’en cinquième rang en 2017 passe en tête en 2018. L’armoise annuelle, qui occupait le second rang en 2017 régresse au cinquième rang en 2018. Ces trois espèces exogènes dominent largement les secteurs les plus hauts et les moins inondables du site, avec un remplacement progressif de l’armoise (plante annuelle) par l’aster (plante vivace). Dans les parties basses, proche de l’eau et fortement inondable, laîche aigüe et baldingère sont dominantes les deux années, occupant à l’échelle du site les troisième et quatrième rang.

Trois ensembles différents peuvent être distingués au sein du site : les zones épargnées par les travaux, qui sont pour partie boisées par le peuplier noir (dans les casiers), pour partie occupées par des formations herbacées hautes (sur les ilots correspondant aux petits bancs de graviers situés à l’avant des anciennes digues démontées) et les zones totalement remaniées lors des travaux. Sur les deux premières, la végétation initialement en place reste dominante : les  fourrés de renouées de bohême occupent toujours près de 80% dans les sous bois, alors que les formations de grandes herbes (laiches, baldingère, salicaire, roseau,..) dominent sur les ilots. Sur les zones remaniées lors des travaux la végétation est plus diversifiée : alors que la friche à armoise annuelle monopolisait quasiment tout l’espace en 2017, elle n’en occupe plus que 20% en 2018. Elle a été remplacée par deux autres végétations : les formations herbacées hautes à laîche et baldingère, identiques à celle des ilots,  sont présentent sur plus du tiers de la surface et la végétation des communautés annuelles des grèves fluviales sur plus du cinquième. Ces deux végétations typiquement fluviales occupent donc en 2018 près des deux tiers des zones impactées par les travaux, témoignant de la rapidité de récupération du milieu. La forte représentation des communautés annuelles des grèves est totalement inédite à l’échelle des 30 dernières années.

Dans le détail deux communautés d’annuelles des grèves fluviales sont présentes : les formations à bidents et persicaires sont largement dominantes alors que les formations à petits souchets (souchet brun) sont pour l’instant localisées à quelques plages sableuses en bordure d’eau mais encore en phase d’installation.

 

Formation à bident, persicaire et pied de poule

Formation à bident, persicaire et pied de coq

Formation à petits souchets en phase d'installation sur une plage sableuse.

Formation à petits souchets en phase d’installation sur une plage sableuse

Les souchets sont déjà bien développés sur le haut de la plage (à droite de l’image), mais s’installent progressivement sur la partie basse (à gauche de l’image) en suivant l’abaissement progressif du niveau d’eau.

La conjonction des travaux et d’un contexte hydrologique favorable permet donc cette année une représentation exceptionnelle sur le site de ces végétations typiquement fluviales, à fort enjeu patrimonial . Il reste à voir si la dynamique fluviale sera suffisamment intense à l’avenir pour conserver ces végétations sur le site. Cette belle présence en 2018 témoigne en tout cas du potentiel de rétablissement de ces communautés sur le fleuve.

Portrait de quelques espèces

 

9 août 2018 : Des végétations typiquement fluviales au rendez-vous dans 2 - Après travaux bidens-frondosa6390_lg-199x300

Bident feuillu
(Bidens frondosa)

bidens-tripartita6393_lg-199x300 dans 2 - Après travaux

Bident tripartite
(Bidens tripartita)

 

Bident tripartite (Bidens tripartita)
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Panic pied de coq
(Echinochloa crus galli)

 

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Persicaire à feuille d’oseille
(Persicaria lapathifolia)

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